Le RWDM Girls, le plus grand club de football féminin de Belgique, figure parmi les candidats au titre de Club de Jeunes en Or de HLN. Avec plus de 400 joueuses, le club combine le football avec un accompagnement scolaire, un soutien psychologique et un encadrement social. Mais pour faire fonctionner cette structure, des moyens sont indispensables. « Voir des filles de Molenbeek progresser et réaliser leurs rêves, c’est une motivation immense », explique la présidente, Tania Dekens.

Molenbeek fait rarement la une pour des raisons positives. Pourtant, derrière cette image tenace, il existe aussi une communauté soudée. Dès que l’on met les pieds au RWDM Girls, on ressent immédiatement ce fort esprit collectif.

Au stade Edmond Machtens, le match est déjà bien entamé à notre arrivée. Sur le terrain, le RWDM Girls tente de combler son retard face au KAA Gent. Dans les tribunes, parents, habitants du quartier et supporters sont réunis, côte à côte. Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, assiste également à la rencontre. Lorsque Molenbeek égalise, le stade explose : cris de joie, applaudissements et encouragements résonnent de toutes parts.

Pour la présidente Tania Dekens, ce travail quotidien n’a pourtant rien d’évident.

« L’identité du club est profondément socio-sportive. Tout part du social. Nous offrons aux filles un espace pour s’exprimer et nous travaillons à leur émancipation. »

Ce qui n’était au départ qu’une petite initiative est devenu une référence à Bruxelles.

« Le RWDM Girls a été créé en 2013 par Ramzi Bouhlel et son épouse Véronique. À l’époque, il y avait une trentaine de filles. Aujourd’hui, elles sont plus de 400. Nous sommes en réalité le plus grand club féminin du pays, puisque notre ASBL accueille uniquement des filles. »

Des moyens limités

Le club fonctionne entièrement par ses propres moyens.

« Nous ne recevons aucun financement de la section masculine. Nous sommes totalement indépendants. Nous avons uniquement l’autorisation d’utiliser le nom et les couleurs, mais pour le reste, tout repose sur nous. »

Dans le stade comme à la buvette, on retrouve le mélange typiquement bruxellois : le néerlandais, le français et d’autres langues se croisent en permanence. Une diversité qui reflète celle du club. « Aujourd’hui, nous comptons des joueuses de 70 nationalités différentes, venues de toutes les communes de Bruxelles et de sa périphérie », explique Tania.

Précarité et accompagnement

Au RWDM Girls, l’encadrement va bien au-delà du sport.

« Nous aidons les jeunes à trouver des jobs étudiants, des stages ou un emploi. En cas de difficultés scolaires, nous sommes aussi présents. Nous proposons une aide aux devoirs gratuite et nous accueillons actuellement deux stagiaires en psychologie qui évaluent la situation des filles, tant sur le plan mental que familial. Car si elles sont très fortes sur le terrain, leur situation en dehors du football est souvent plus fragile. À Molenbeek, la précarité est une réalité pour beaucoup de nos joueuses. »

Pendant ce temps, la buvette est pleine à craquer. L’odeur de spaghetti fraîchement préparés flotte dans l’air. Jeunes joueuses, parents et habitants partagent un repas dans une ambiance conviviale. Au milieu des cris enthousiastes de « six-sept », les plus petites posent fièrement avec leur présidente Tania, qui connaît chacune d’elles par son prénom.

Le dîner spaghetti avec tombola fait partie des nombreuses initiatives destinées à assurer la survie financière du club. Les bénévoles Aïcha et Marc sont en cuisine depuis 9 heures du matin pour préparer des repas pour 300 personnes. « Cette action n’existe que grâce aux bénévoles », souligne Tania.

Les recettes permettent notamment d’aider les plus jeunes. « Beaucoup de familles disposent de moyens limités. Grâce à ces actions, nous veillons à ce que chacune puisse payer sa cotisation et que tout le monde puisse aussi partager un moment convivial après les matchs. »

Un engagement bénévole

Le club repose presque entièrement sur le volontariat. Un seul employé est salarié. Tous les autres s’engagent par passion.

« Il y a ici des bénévoles extraordinaires. Imaginez ce que nous pourrions accomplir avec davantage de moyens », dit-elle avec espoir.

Les ressources restent modestes.

« Nous recevons une subvention communale de 2.000 euros par an pour plus de 400 joueuses. » Pourtant, les coûts sont importants.

« Notre budget total s’élève à environ 400.000 euros : terrains, entraîneurs, kinésithérapeutes, médecin, alimentation saine, accompagnement… C’est un projet global. »

La cotisation annuelle s’élève à 450 euros.

« Tout repose sur ce montant. Pour le reste, nous cherchons sans relâche des sponsors. Dans le football masculin, les cotisations sont souvent plus élevées. On voit clairement que les investissements restent plus importants pour les garçons. Chaque soutien compte. »

Au RWDM Girls, l’objectif dépasse largement le football.

« Notre capitaine de l’équipe première est diplômée en kinésithérapie. Une autre étudie la psychologie. Nous avons aussi une ancienne joueuse devenue responsable de la formation des jeunes à Anderlecht. Nous voulons aider les filles à progresser, dans le sport comme dans la vie. »

Les valeurs occupent une place centrale.

« Nous insistons sur des règles simples : être à l’heure, porter les vêtements du club, dire bonjour en arrivant et au revoir en partant. Ce sont les bases. »

Sur le terrain, l’équipe première se bat pour la promotion.

« Il y a deux saisons, nous avons perdu la finale des barrages aux tirs au but. »

Mais l’ambition reste intacte.

« Toutes les petites regardent les grandes avec admiration. Voir des filles de Molenbeek avancer et réaliser leurs rêves, c’est une source de motivation énorme. »

C’est dans cet esprit que le RWDM Girls s’est porté candidat au titre de Club de Jeunes en Or de HLN. « Nous sommes à Molenbeek, une commune où les besoins sont importants. Chaque soutien peut faire la différence. »